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Opinion – Ce que j’ai vu à Ottawa

24/05/2019 La Rédaction Commentaires fermés sur Opinion – Ce que j’ai vu à Ottawa
Opinion – Ce que j’ai vu à Ottawa
Ninette Irabaruta, Augustin Kabayabaya, et Antoine Kaburahe au cours de la conférence à Ottawa dimanche dernier

Par Augustin Kabayabaya

«Hutsi, au nom de tous les sangs», votre livre, je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt, mais aussi avec une immense peine pour ce qu’il contient comme histoire. Très facile à lire, malgré tout, grâce à une plume de haute qualité (concision, clarté et simplicité), très difficile aussi paradoxalement, à cause de cette douleur, ce martyr qu’il décrit avec une précision chirurgicale.

Le récit de cette innocente vie brisée, celle du père d’Aloys Niyoyita, une vie lâchement et impunément fauchée. Hélas, l’histoire d’Aloys ressemble à s’y méprendre à beaucoup d’autres, celle de Ninette Irabaruta en l’occurrence, cette jeune dame venue des Etats-Unis et qui a délivré à Ottawa un témoignage aussi prenant avec des faits qu’on ne peut oser raconter; des faits à l’instar de pleins d’autres qui sont occultés sciemment pour ne pas fâcher les bourreaux, encore malheureusement actifs, toujours aussi arrogants et impitoyables.

Ce n’est pas le premier drame que vous mettez en lumière, Antoine, votre vocation étant de reconstruire les esprits par la plume en mettant «les mots sur les maux» pour reprendre l’expression qui vous est si chère.

Le don du sacrifice, l’amour de la vérité et de la justice qui vous guident, sans perdre de vue le courage de les vivre si ouvertement et intensément qui vous anime, rendent au monde sa beauté même si celui-ci est parfois cruel. Il est injuste, mais irrésistible et nous l’aimons peut-être pour ses paradoxes. Il est cependant possible de le rendre meilleur par la communication, le pardon et surtout par la justice.

Ce que j’ai vécu ce dimanche du 19 mai 2019 à l’occasion de la présentation de votre livre à Ottawa est pour moi inoubliable. J’ai entendu des témoignages, des commentaires et des révélations qui révulsent les sens par la cruauté qu’ils dépeignaient. Mais aussi la grandeur d’âme de ceux qui les livraient en partage. J’ai vu des femmes et des hommes en transe, non pas à cause de la haine ou de la colère, mais en raison de cette profonde et saine émotion qui leur arrachait les larmes des yeux. Comme pour dire: «Dans cette salle, nous sommes des Burundais fiers de l’être et pas simplement des Hutus, Tutsis, Twa ou Hutsis», compartimentés ainsi par des leaders en déficit de vision pour mieux les asservir et faire d’eux des esprits écervelés.

J’ai vu des hommes et des femmes proclamer haut et fort que les plus grandes victimes de la face sombre de notre histoire sont celles qui l’ont maculée du sang des innocents.

J’ai depuis ce jour caressé l’espoir de voir notre beau pays, le Burundi, réconcilié avec lui-même et expurgé des démons de la haine et de la division. J’ai eu, spontanément, envie de rappeler cet intéressant clin d’œil d’Atsutse Kokouvi Agbobli : «Les vraies élites Tutsi et Hutu ne doivent pas se laisser abattre par la fatalité. C’est dans les moments difficiles que les hommes de caractère impriment leur marque aux événements».

Un mot pour clore ce petit mot. Cher Antoine, est-il possible de faire traduire ce livre en plusieurs langues et surtout d’en faire une adaptation cinématographique pour une meilleure diffusion? Telle est mon humble proposition, car la lecture est souvent pour beaucoup, plus ardue que l’audiovisuel.

Augustin Kabayabaya


Des livres sont encore disponibles à Ottawa, les personnes intéressées peuvent contacter Justine Nkurunziza e-mail: [email protected]
whatsApp : +1 (613) 302-0729

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Cher Augustin

La reconnaissance d’un grand frère dans le métier, cela fait toujours plaisir. Lorsque très jeune je suis entré en journalisme, vous étiez déjà une référence à la télévision nationale du Burundi. Je me souviens toujours de vos éditions de la soirée, bien présentées, dans une langue impeccable, étaient très appréciées par les téléspectateurs burundais . Les méandres de la vie nous mettent de nouveau en contact à Ottawa où vous êtes désormais établi, respecté et très actif dans la communauté. Vous avez été un excellent modérateur de notre conférence. Merci. Vous avez tout dit, cher Augustin : « il faut mettre les mots sur nos maux », c’est la seule manière de guérir de nos blessures. « Lire les pages de notre histoire avant de les tourner ». Votre hommage me touche. Merci à vous et à tous les membres de l’Alliance des Burundais du Canada pour votre accueil. Vous faites un travail extraordinaire. Restons ensemble debout.

Votre petit frère, Antoine Kaburahe
[email protected]

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