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Le calvaire des journalistes d’Iwacu

JOUR 17

07/11/2019 Abbas Mbazumutima Commentaires fermés sur Le calvaire des journalistes d’Iwacu : JOUR 17
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Par Abbas Mbazumutima

 

La Chambre de conseil pour les 4 journalistes d’Iwacu et leur chauffeur, c’est au 18 novembre. Poursuivis pour ’’complicité d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat’’, Agnès Ndirubusa, Christine Kamikazi, Egide Harerimana, Térence Mpozenzi et leur chauffeur Adolphe Masabarakiza, seront entendus à la Chambre de conseil de la Cour d’appel de Ntahangwa. Ils en sont à leur 17ème jour d’incarcération.

Selon leurs avocats, après avoir interjeté appel en date du 4 novembre 2019, le recours n’a pas traîné dans les tiroirs ou mis sous une pile d’autres dossiers. L’affaire est déjà fixée.

«Il va falloir que nos clients soient déplacés de la prison de Bubanza jusqu’à la Cour d’appel de Ntahangwa. Et là il sera question de se débrouiller», confie l’un des avocats de ces reporters du Journal Iwacu et leur chauffeur.

Selon lui, il n’y a pas de véhicule de l’administration pénitentiaire de transport des prisonniers. «Il faut déplacer les prisonniers et les policiers chargés d’assurer leur garde».

D’après cet avocat, le juge d’appel peut décider de libérer ces journalistes et leur chauffeur ou conclure à une libération provisoire. Là, fait-il remarquer, c’est toujours la forme en Chambre de conseil à huis clos.

Si l’appel ne donne pas gain de cause, se désole Me Clément Retirakiza, un des avocats des 4 journalistes d’Iwacu et leur chauffeur, il sera question de débats au fond devant le Tribunal de Grande Instance de Bubanza en audience publique. Dans ce cas, renchérit un autre avocat de la défense, le rôle de chaque client mis en examen dans cette affaire doit être déterminé et démontré.

Le mardi 22 octobre, vers midi, une équipe du journal Iwacu dépêchée pour couvrir des affrontements dans la région de Bubanza est arrêtée. Christine Kamikazi, Agnès Ndirubusa, Térence Mpozenzi, Egide Harerimana et leur chauffeur Adolphe Masabarakiza voient leur matériel et leurs téléphones portables saisis. Ils passeront une première nuit au cachot, jusqu'au samedi 26 octobre. Jusqu'alors, aucune charge n'était retenue contre eux. Mais le couperet est tombé : "complicité d'atteinte à la sécurité de l'Etat". Depuis l'arrestation de notre équipe, plusieurs organisations internationales ont réclamé leur libération. Ces quatre journalistes et leur chauffeur n'ont rien fait de plus que remplir leur mission d'informer. Des lecteurs et amis d'Iwacu ont lancé une pétition, réclamant également leur libération. Ces événements nous rappellent une autre période sombre d'Iwacu, celle de la disparition de Jean Bigirimana, dont vous pouvez suivre ici le déroulement du dossier, qui a, lui aussi, profondément affecté notre rédaction.

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