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Gitega : une solution pour l’environnement ?

15/10/2020 Jean Noël Manirakiza Commentaires fermés sur Gitega : une solution pour l’environnement ?
Gitega : une solution pour l’environnement ?
Thérèse Nduwayezu : « Si pendant les travaux communautaires, l’administration songeait à mettre à notre disposition toutes les bouteilles et les sachets éparpillés, le problème de l’insalubrité de ville serait résolu. »

Ils sont diplômés, sans emploi ni de capital pour se lancer dans la vie active. Ils se sont tournés vers la protection de l’environnement en transformant les déchets en matière première. Briques et pavés sont fabriqués à partir des déchets en plastique récupérés dans leur entourage

Ils forment un groupe 30 personnes, filles et garçons. Par manque d’emploi adapté à leur formation, ils ont rangé leurs diplômes dans les placards et se sont lancés dans l’informel. Une façon de survivre plutôt que de miser sur un avenir incertain, selon leurs propos. Pour eux, être embauché dans les services de l’Etat et les entreprises, tant publiques que privées, relève du parcours du combattant. Situation qui les a maintenus dans la quête d’un emploi hypothétique pendant de longues années. Révoltés, il y a une année, ils se sont réunis pour étudier comment ils peuvent être autonomes et exercer une activité qui puisse générer de l’argent. Ils se sont décidés de se lancer dans l’auto-emploi sans réels moyens financiers et logistiques et initient la fabrique des briques et pavés en plastiques. Leur atelier est à cinq kilomètres de la ville de Gitega plus précisément à Mahonda en Commune Gitega. Pour y entrer, il faut se munir d’un masque à cause des fumées et gaz suffocantes dégagés par les bouteilles et autres déchets de plastique en ébullition. Le matériel est rudimentaire et simple : un récipient, une table, moules en fer, du sable et des colorants.

« Moi et la plupart de mes collègues nous dépendions uniquement de nos familles et nous étions une charge pour nos parents », affirme Jean-Paul Ndizeye. Selon lui, les moyens financiers de leur groupe ne sont pas nombreux, mais avec une formation qu’ils ont reçue de la part de la Croix Rouge, ils espèrent un avenir radieux.

« Aujourd’hui, nous sommes capables de nous acheter un pantalon ou des souliers de notre choix. Plus question de demander à nos parents une somme de 20 mille francs », s’en félicite Jimmy Nahimana. Ne voulant pas retourner dans la situation de dépendance comme ils étaient avant, Jimmy et ses amis ont aussi initié le système d’autofinancement.

« Un membre qui reçoit un crédit de 50 mille BIF rembourse avec un intérêt de 5 000 BIF après trois mois. Cela empêche que les membres attendent toujours la fin du mois pour partager le bénéfice».

La matière première insuffisante

Selon ce groupe, bien que les déchets en plastique jonchent les routes et les caniveaux dans toute la ville de Gitega et ses environs, cette matière première essentielle dans la fabrique des briques et pavés manque le plus souvent dans leur atelier par faute de stocks suffisants de déchets. Pour eux, la ville est loin, alors qu’il leur faut au moins une tonne pour satisfaire tous nos clients. Selon leurs propos, les décharges sauvages dans les quartiers doivent être rentabilisées au lieu d’être une menace pour la santé et l’environnement.

« Si pendant les travaux communautaires, l’administration songeait à mettre à notre disposition toutes les bouteilles et les sachets qui sont éparpillés ici et là, le problème de l’insalubrité de ville serait résolu », propose Thérèse Nduwayezu. Quant à Pasteur Ntunzwenimana, secrétaire provincial de la Croix Rouge à Gitega, la protection de l’environnement est la pierre angulaire de leur organisation. D’après elle, ces jeunes ont montré leurs capacités d’innover, c’est pourquoi il fallait les appuyer. « Si un groupe de jeunes gens se met ensemble et veut travailler pour l’intérêt de la communauté, surtout dans la protection de l’environnement comme ils le font aujourd’hui, il faut les encourager».

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