Société

«Enceinte de trois mois, il m’avait tellement rouée de coups que je me suis évanouie.»

27/11/2019 Alphonse Yikeze Commentaires fermés sur «Enceinte de trois mois, il m’avait tellement rouée de coups que je me suis évanouie.»
«Enceinte de trois mois, il m’avait tellement rouée de coups que je me suis évanouie.»
K.L, victime de violences conjugales: «ça fait deux ans que je n’ai pas vu mes enfants!»

Au lendemain de la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, quelques victimes de violences conjugales racontent leur calvaire.

Le cauchemar de K.L. commence en 2015. De petite taille, en robe noire, elle raconte que la violence de son conjoint s’est éveillée par le fait d’une relation extraconjugale de la part de ce dernier: «Tu n’as plus ta place dans cette maison! Je vais en épouser une autre plus instruite que toi!» lui balance son conjoint. Par la suite, ont suivi des menaces de mort: «Je vais te mettre en pièces et t’enterrer dans cette chambre!» K.L. prend peur, mais hésite à quitter le foyer conjugal malgré les accès de violences quasi-quotidiennes de son époux. «Une nuit, j’ai fait un mauvais rêve où je voyais mon mari m’abattre avec une machette. Le lendemain, j’ai pris mes cliques et mes claques pour partir. M’ayant surprise au moment de franchir la porte, mon conjoint a fondu sur moi pour m’arroser de coups». K.L. témoigne que ce jour-là, les voisins sont intervenus et lui ont conseillé d’aller déposer plainte auprès de la justice. Ce qu’elle a fait. «Après presque deux ans de procédure judiciaire, le divorce a été prononcé et j’ai obtenu la pleine possession de la maison que je partageais avec mon conjoint.» Son ex-époux n’a pas arrêté pour autant de lui nuire: «Un jour, il a débarqué chez moi et m’a frappée. J’ai pu joindre à ce moment-là l’administrateur communal de Rohero qui l’a fait incarcérer. Après un séjour de quelques jours au cachot de la commune, il a juré de ne plus recommencer et il fut relâché.» Aujourd’hui, K.L. rapporte que son ex-mari violent vit aujourd’hui avec sa concubine et que malgré la décision judiciaire, son mari a réussi à lui arracher leurs enfants qu’il tient très à distance de leur mère : «Cela fait deux ans que je n’ai pas vu mes enfants. A un  moment donné, un d’entre eux a tenté d’entrer en contact avec moi, mais son père dont il utilisait le téléphone m’a mise sur liste noire», raconte cette jeune maman avec une voix douloureuse.

Un époux violeur

D.S. est une jeune femme un peu timide au visage rieur. Comme avec K.L., tout part d’une infidélité conjugale: «J’ai été mariée en 2011. Les premiers mois, je nageais en plein bonheur avec mon ex-époux.» Dès 2012, la situation se corse: «Il a commencé à rentrer à des heures assez tardives. Entre 23h-24h.» Quand D.S cherche des explications, elle se voit rétorquer «de se mêler de ce qui la regarde». Très vite, D.S. découvre que son conjoint la trompe: «Au début, il le dissimulait, mais après, ayant pris de l’assurance, il s’est mis à se vanter sur ses conquêtes ‘mille fois plus intéressantes que moi’.» Et d’ajouter : «Quand je me confiais à des membres âgés de ma famille et ma belle-famille, j’ai eu droit à ‘’ainsi va la vie de couple’’ pour toute réponse, un classique de la culture burundaise.» Son couple prend l’eau, mais D.S s’accroche, pas question pour elle de mettre un terme à ce mariage. En 2014, elle tombe enceinte de son premier enfant: «Cette grossesse l’a rendu furieux. Pour lui, ce n’était pas le bon moment pour concevoir.» Les violences physiques démarrent: «Une nuit, alors que j’étais enceinte de trois mois, il m’avait tellement rouée de coups que je me suis évanouie. Je me suis réveillée saignant du nez.» Son ex-conjoint a dû l’emmener à l’hôpital où il a expliqué aux médecins que son épouse «avait glissé sur le carrelage de la douche». Tout à coup, D.S. a le regard fuyant. Elle est prête à révéler quelque chose dont elle a encore de la peine à parler aujourd’hui: les viols conjugaux qu’elle a endurés. «A un moment donné, nous faisions chambre à part. Toutefois, il faisait régulièrement irruption dans la mienne pour exiger des rapports sexuels ‘’auxquels il avait droit’’. Parfois, suite au traumatisme psychologique, je souffrais d’écoulement vaginal, mais il n’en avait cure. A la fin, j’avais des douleurs terribles.» Grâce à l’aide de l’AFJB (Association des femmes juristes du Burundi), elle obtient le divorce en février 2017 après avoir quitté son ex-époux en décembre 2016. Interrogée sur les liens que son fils, aujourd’hui âgé de cinq ans, entretient avec son père, sa réponse est sans appel : «Mon fiston ne veut même pas entendre parler de son père. De toutes les façons, ce dernier ne s’était jamais soucié de son fils

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