Culture

Au coin du feu avec Pascasie Barampama

23/11/2019 Clarisse Shaka Commentaires fermés sur Au coin du feu avec Pascasie Barampama
Au coin du feu avec Pascasie Barampama

Dans le Burundi traditionnel, le soir, au coin du feu, la famille réunie discutait librement. Tout le monde avait droit à la parole et chacun laissait parler son cœur. C’était l’heure des grandes et des petites histoires. Des vérités subtiles ou crues. L’occasion pour les anciens d’enseigner, l’air de rien, la sagesse ancestrale. Mais au coin du feu, les jeunes s’interrogeaient, contestaient, car tout le monde avait droit à la parole. Désormais, toutes les semaines, Iwacu renoue avec la tradition et transmettra, sans filtre, la parole longue ou lapidaire reçue au coin du feu. Cette semaine, au coin du feu, Pascasie Barampama.

Votre qualité principale ?

Je suis empathique, bonne communicatrice, innovatrice, dynamique et surtout ceux qui me connaissent bien savent que je suis multitâche.

Votre défaut principal ?

Je m’emporte facilement.

La qualité que vous aimez chez les autres ?

J’aime la sincérité, le travail bien fait, dans la rapidité.

Le défaut que vous ne supportez pas chez les autres ?

Je n’aime pas le mensonge et la fainéantise.

La femme que vous admirez le plus ?

Ma mère, Elisabeth Mukobwa. Une femme paysanne qui avait appris à lire et écrire dans le système communément appelé « Yaga Mukama ». Mais elle s’est démarquée et est parvenue à épouser un diplômé d’Astrida (Butare au Rwanda), qui l’a emmené en ville où elle a su concilier le milieu rural et urbain. Elle a élevé ses 14 enfants et a fait d’eux des hommes et des femmes fiers, qui se sont tous mariés et lui ont donné de petits enfants.

Ni la disparition de son mari, ni les évènements de 1993 qui lui ont privés de ses enfants, de ses proches et de ses biens, ne lui ont pris son courage et sa détermination de s’occuper de ses enfants.

Femme leader, en ville ou à l’intérieur du pays, elle dirigeait toujours des groupements de femmes surtout au sein de l’Eglise catholique.

L’homme que vous admirez le plus ?

Aucun nom ne me vient à l’esprit. Mais mon admiration serait pour quelqu’un d’intègre, d’intelligent, de calme, de créatif et de sympathique.

Votre plus beau souvenir ?

Le jour de mon mariage.

Votre plus triste souvenir ?

La mort de mon mari.

Quel serait votre plus grand malheur ?

Si je perdais un enfant ou devenais infirme.

Le plus haut fait de l’histoire burundaise ?

L’indépendance du Burundi.

La plus belle date de l’histoire burundaise ?

Le 1er juillet 1962.

La plus terrible ?

La guerre civile de 1993, les évènements qui m’ont fait perdre mon frère, notre maison…

Le métier que vous auriez aimé faire ?

L’humanitaire, pour pouvoir aider les enfants orphelins ou vulnérables qui sont dans une situation qu’ils n’ont pas choisie.

Votre passe-temps préféré ?

Chanter. Je suis choriste.

Votre lieu préféré au Burundi ?

Chez moi, « Chez la Reine ». J’y suis très à l’aise. Je me suis bien installée, j’ai tout ce qu’il me faut chez moi.

Le pays où vous aimeriez vivre ?

Le Burundi, bien sûr ! C’est un beau pays. J’ai visité l’Amérique, l’Europe et plusieurs autres pays du monde. Je crois que ça me suffit.

Le voyage que vous aimeriez faire ?

J’ai toujours aimé visiter les sites touristiques du Burundi (les chutes, les eaux thermales, etc.) Une meilleure façon pour moi de contempler la nature que Dieu a créée et sa grandeur.

Votre rêve de bonheur ?

Voir mes enfants et mes petits-enfants évoluer dans la vie. Vieillir en tant que leader. N’être un fardeau pour personne.

Votre plat préféré ?

J’aime manger du poisson, les crudités et les fruits.

Votre chanson préférée ?

J’aime la musique Country et plus particulièrement celle de feu Don Williams, chanteur américain.

Quelle radio écoutez-vous ?

La Radio-télévision Nationale du Burundi (RTNB).

Avez-vous une devise ?

Servir et non se servir.

Votre souvenir du 1er juin 1993 ?

Les élections présidentielles et la victoire du président Melchior Ndadaye.

Votre définition de l’indépendance ?

Pour moi, l’indépendance est la liberté, le droit de gérer sa propre vie, l’autonomie.

Votre définition de la démocratie ?

Le partage, le droit de parole, le droit d’élire ses dirigeants et se faire élire, le droit de critiquer.

Votre définition de la justice ?

Ecouter, investiguer et trancher dans l’impartialité.

Si vous étiez ministre du Genre, quelles seraient vos deux premières mesures ?

Comme première mesure, je proposerais la mise en place d’une journée nationale dédiée à la femme burundaise. En deuxième lieu, une ordonnance qui donne droit à la femme de gérer les biens de la famille.

Si vous étiez ministre de la Justice, quelles seraient vos deux premières mesures ?

Je mettrais en place des établissements carcéraux pour les femmes et les mineurs. Ensuite, créer des centres de formation pour les prisonniers pour les préparer à leur réinsertion.

Croyez-vous à la bonté naturelle de l’homme ?

Oui, j’y crois.

Pensez-vous à la mort ?

Oui, je pense à la mort et j’aimerais mourir sans pour autant souffrir.

Si vous comparaissez devant Dieu, que lui direz-vous ?

Merci pour la vie que tu m’as donnée.

Propos recueillis par Clarisse Shaka

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Bio-express

Née en 1952 en mairie de Bujumbura, Pascasie Barampama est une femme engagée dans la défense des droits des femmes. Elle a créé et dirige plusieurs associations féminines dont le Réseau femmes et paix, la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (WILPF), la Plateforme de la société civile pour la consolidation de la paix et de l’Etat basé à Paris comme membre du comité exécutif. Elle est également membre du comité de la Coalition de la société civile pour le monitoring électoral (COSOME). Connue sous le surnom de « la Reine » pour ses nombreuses œuvres de charité, Mme Barampama crée en 1996 l’Association des filles et femmes sans métiers, secouées par la crise, qui y sont entrées sans métier et en sont sorties avec. Avant de se lancer dans la société civile, cette mère et grand-mère fut un fonctionnaire d’Etat au ministère de la Fonction publique en tant que secrétaire de direction. Elle fera ensuite 12 ans à l’ambassade de la Tanzanie au Burundi comme secrétaire aux relations publiques.

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