Ils sont venus au coin du feu

Au coin du feu avec Jean Claude Karerwa Ndenzako

21/09/2019 Egide Nikiza Commentaires fermés sur Au coin du feu avec Jean Claude Karerwa Ndenzako
Au coin du feu avec Jean Claude Karerwa Ndenzako

Dans le Burundi traditionnel, le soir, au coin du feu, la famille réunie discutait librement. Tout le monde avait droit à la parole et chacun laissait parler son cur. C’était l’heure des grandes et des petites histoires. Des vérités subtiles ou crues. L’occasion pour les anciens d’enseigner, l’air de rien, la sagesse ancestrale. Mais au coin du feu, les jeunes s’interrogeaient, contestaient, car tout le monde avait droit à la parole. Désormais, toutes les semaines, Iwacu renoue avec la tradition et transmettra, sans filtre, la parole longue ou lapidaire reçue au coin du feu. Cette semaine, au coin du feu, Jean Claude Karerwa Ndenzako.

Votre qualité principale ? 

Se mettre à la disposition des autres pour les écouter et les aider dans la mesure du possible, bref, la sollicitude toujours et en tous lieux.

Votre défaut principal ? 

La confiance, parfois naïve. Il m’est arrivé à maintes reprises de me résoudre à rompre mes relations avec des gens que je trouve méchants. Quelques jours après, je reviens sur ma décision dans l’espoir que le bien l’emporte toujours sur le mal. Hélas, J’ai souvent constaté avec amertume que «Le loup perd son poil mais ne perd jamais son vice».

La qualité que vous préférez chez les autres ? 

La retenue et le silence. Il m’a été toujours difficile de me laisser faire, de laisser du temps au temps, de comprendre que le silence est d’or. Je regrette mon tempérament mais je ne parviens pas à y remédier jusquici.

Le défaut que vous ne supportez pas chez les autres ?

L’injustice et l’égocentrisme. J’adore la justice et je fais de mon mieux pour être juste et équitable, partager avec les autres et surtout les plus vulnérables a toujours été ma philosophie. Je ne digère pas que les autres ne fassent pas autant.

La femme que vous admirez le plus ?

Ma mère. J’ai beaucoup appris d’elle, surtout la patience, l’amour du travail et surtout la charité.

L’homme que vous admirez le plus ? 

Mon grand-père. Je lui dois mon bagage en Langue et Littérature maternelle. Son nom, Bizirubwoba reflétait son vécu quotidien ; il navait visiblement peur de rien. Chaque fois que je pense à lui, je me dis qu’on peut toujours affronter la vie la tête haute.

Votre plus beau souvenir ?

Difficile à dire car il yen a beaucoup. Disons les retrouvailles avec Bella à l’aéroport International de Londres-Heathrow en décembre 2007.

Votre plus triste souvenir ? 

La mort de mon père le 9 juin 1996. J’aurais aimé lui offrir au moins une bière pour lui dire merci pour ses multiples sacrifices. Ça me fait mal de me rappeler qu’il m’a quitté deux mois avant mon premier salaire.

Quel serait votre plus grand malheur ? 

Perdre ma Famille. C’est simplement ce que j’ai de plus cher et d’irremplaçable.

Le plus haut fait de l’histoire burundaise ? 

L’avènement de la Démocratie avec l’élection du président Ndadaye Melchior.

La plus belle date de l’histoire burundaise ?

Le 1er juillet 1962, marquant le recouvrement de l’indépendance par le Burundi.

La plus terrible ?  

J’hésite entre le 13 octobre 1961 et le 21 octobre 1993. Il y a une corrélation entre les deux dates quoi qu’il en soit.

Le métier que vous auriez aimé faire ? 

La comédie.

Votre passe-temps préféré ? 

La lecture.

Votre lieu préféré au Burundi ? 

Ngāra ma colline natale et la résidence permanente de Kiranga.

Le pays où vous aimeriez vivre ? 

Autre que le Burundi ? Le Brésil est mon second best.

Le voyage que vous aimeriez faire ? 

Passer cinq nuits successives dans cinq continents différents, retourner le weekend dans ma famille.

Votre rêve de bonheur ?

Je l’attends franchement !

Votre plat préféré ?

« Intete n’ibiharage » (traduction libre : des graines de maïs et de haricot cuits dans une même marmite)

Votre chanson préférée ? 

«Umuntu ni Ubuntu » de Gakwaya Bernard. Elle est incontestablement une leçon pour la vie.

Quelle radio écoutez-vous ?

Souvent c’est Radio Burundi.

Avez-vous une devise ?

Oui, je l’ai empruntée à James Keller : «A candle loses nothing by lighting another candle ».

Votre souvenir du 1er juin 1993 ?

J’avais personnellement peur et l’entourage ne me tranquillisait pas.

Votre définition de l’indépendance ? 

Etre libre de toute sujétion sur les plans politique, religieux, matériel, moral, intellectuel. Bref, être libre dans tous ses choix.

Votre définition de la démocratie ?

C’est avant tout le verdict des urnes où le vainqueur devient gestionnaire des affaires de l’Etat tout en évitant de faire la sourde oreille au perdant.

Votre définition de la justice ?

Je m’en suis approprié à partir de la Bible. « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas que l’on te fasse ». Cette maxime est souvent appelée la “Règle d’or”. On la retrouve sous des formulations voisines dans la plupart des religions, philosophies ou cultures du monde.

Si vous étiez ministre de la Culture, quelles seraient vos deux premières mesures ? 

Tout en cherchant à être constamment créatif et inventif, un ministre doit rester dans la droite ligne de l’Action gouvernementale. Pour ma part, je collaborerais étroitement avec le ministre ayant l’éducation dans ses attributions d’une part et j’encouragerais les passionnés de la culture burundaise d’autre part. Je suis conscient de l’importance de la culture dans la qualité de vie et la vitalité dune communauté, ainsi que de la contribution de la culture au développement durable.

Si vous étiez ministre de la Communication, quelles seraient vos deux premières mesures ? 

Je promouvrais une communication qui place les intérêts supérieurs de la nation au premier plan et initierais des programmes qui cadrent bien avec la civilisation burundaise.

Croyez-vous à la bonté humaine ?

Bien sûr que oui. Etant Chrétien, je crois en un Seul Dieu qui a créé l’homme à son Image. Du coup, la bonté de Dieu se retrouve dans la race humaine. Néanmoins, je ne me fais pas trop d’illusions car je sais que le bien et le mal opèrent en parfaite symbiose chez l’homme.

Pensez-vous à la mort ? 

Toujours et cela depuis plusieurs années. La mort est une réalité indéniable. Elle est pour moi l’Article Premier de mon Code de Conduite. Je garde la mort toujours à l’esprit dans tout ce que je planifie, dans mes faits et gestes.

Si vous comparaissiez devant Dieu, que lui diriez-vous ?

«Merci Dieu de m’avoir laissé agir librement sur terre, je remets désormais mon corps et mon âme entre Tes Mains, que ta Volonté soit faite ».

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Bio-express

Jean-Claude Karerwa Ndenzako, porte-parole du président de la République du Burundi depuis mars 2017, est né en 1974 en commune Kayokwe alors de la province Muramvya mais aujourdhui en province de Mwaro. Il fait sa scolarité secondaire au Petit séminaire de Mugera en province de Gitega et intègre après l'Université du Burundi dont il sort en 2005 avec une licence en Langue et Littérature Anglaises. Il est à ce moment à l'Institut Supérieur des Cadres Militaires (ISCAM) dont les portes lui ont été ouvertes en 1997. Il fait des études postuniversitaires entre 2005 et 2010 à Londres tour à tour à Oxford House College et à St Peters College of London. Il y décrochera notamment une Maîtrise en Gestion (MBA) option Gestion des Ressources Humaines. Jean-Claude Karerwa Ndenzako rentre au pays natal en 2010 et rejoint en juin 2011 la Présidence de la République où il devient successivement traducteur-interprète, rédacteur en chef de la presse présidentielle, porte-parole adjoint et porte-parole. Depuis 2010, il dispense aussi des cours de Gestion des ressources humaines et d'Anglais dans différentes universités et instituts du Burundi. Jean-Claude Karerwa Ndenzako est marié et père des quatre enfants.

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